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Sartene : la plus corse des villes corses
Mérimée a défini Sartène comme "la plus corse des villes corses" : l'aspect sévère de la ville, l'attachement des habitants à leurs traditions comme la cérémonie du Vendredi-Saint, les luttes sanglantes qui déchirèrent les partis rivaux surtout au
19 ème siècle, semblent lui donner raison. |
Sartène est, par sa superficie, au dixième rang des communes de France métropolitaine.
Elle est située au Sud-Ouest de la Corse à quelques kilomètres de Propriano. Donc non proche du littoral mais dans les montagnes. Par ses abords, Sartène paraît un prolongement de la montagne. Oublions les constructions récentes pour ne plus voir que cette acropole de granit qui se cramponne au rocher.
- Histoire
Dressant ses hautes façades au dessus de la vallée du Rizzanese et de la grande échancrure marine du Valinco , Sartène (Sartè) s'accroche à un ressaut du relief, mamelon détaché d'un hémicycle de montagnes rongées par le maquis.
Cette cité rude et ramassée, à la fierté ombrageuse, distille une atmosphère assez impénétrable. C'est sans doute à son ambiance autant qu'à ses effets de pavés, d'arcades et d'escaliers que la cité perchée se doit de passer toujours pour "la plus Corse des villes Corses" (Mérimée 1830).
Sous préfecture régnant sur une immense commune, la deuxième de France quant à la superficie, Sartène s'étage en amphithéâtre à plus de 300 mètres d'altitude, glissant vers le bas pays et escaladant les pentes.
Il existait autour de l'église de piève dédiée aux Saints Cosimu (Côme) et Damianu (Damien), un vieux foyer de peuplement médiéval, organisé en une douzaine de villages et de hameaux.
Au milieu du XVIe siècle, et plus précisément dans les années 1550 - 1552, lorsque la décision est prise de mettre en défense le poste de Sartène, sans doute à l'emplacement de l'un de ces villages médiévaux aux noms mystérieux comme Solaro ou Casa Corbulaccia , ce réseau d'habitats anciens, déjà largement fragilisé par l'insécurité des débuts du XVIe siècle, s'étiole et disparaît. Les familles de la piève, gentilshommes, paysans et artisans, se réfugient dans le bourg de Sartène que l'on entoure de rustiques murailles. Le dispositif défensif épouse la forme du site rocheux et quelques modestes tours d'angles viennent renforcer les murailles.
Seul, un puissant bâtiment capable d'une défense autonome avec ses hauts murs percés de machicoulis, le "Palazzo Publico" , contrôle la porte d'accès au site fortifié et en protége le flanc le plus vulnérable.
La population du bourg reste cependant fort modeste et dépasse à peine un demi millier d'âmes. Et si la cité fortifiée n'a rien à craindre de petites bandes armées battant la campagne, elle ne peut en aucun cas subir un siége mené par une troupe aguerrie et bien équipée d'armes à feu. Ainsi, en 1565 Sampieru Corsu en fait la démonstration :
après 35 jours de siége, il enlève la place et passe la garnison génoise au fil de l'épée tout en faisant payer cher aux Sartenais leur insolence à son égard et leur fidélité à Gênes.
Moins de vingt ans plus tard, alors que les murailles n'avaient été que partiellement relevées, un autre drame eût un grand retentissement dans l'île : en mai 1583, une flottille de plus d'une vingtaine de bâtiments sous le commandement de Hassan Vénéziano, roi d'Alger assisté de Mami Corso et de nombreux autres capitaines de galiotes, jettent l'ancre près de Sinitosa et débarquent prés de 2000 hommes ( archers, janissaires et marins munis d'échelles et de bouches à feu ). Sartène est investie à l'aube du 26 mai, malgré un combat désespéré des habitants ne disposant que d'armes blanches et de six arquebuses. La cité est mise à sac et l'on estime que ce sont près de 400 habitants, soit plus des 2/3 de la population, qui furent emmenés en captivité. Le nombre des rescapés, qui avaient pu sauter les murailles sous la conduite du piévan, juste avant l'assaut, s'élevait à 196.
Mais le site ne fut pas déserté et sa défense renforcée avec l'installation à demeure d'une petite garnison dotée d'armes à feu. A partir des années 1620 - 1630, des maisons de belle facture sont construites hors les murs, dans le "Borgo di foro" entre le nouveau couvent consacré à San Francescu ( Saint François ) et une petite chapelle de confrérie dédiée à San Roccu ( Saint Roch ) et à San Bastianu ( Saint Sébastien ).La cité compte en 1624, 180 foyers et 825 habitants et à la fin du XVIIe, le nombre des habitants est de 1200. Lors de l'insurrection Corse contre Gênes ( 1728 - 1769 ), l a Rocca , rompant avec la tradition de résistance à Gênes de ses anciens seigneurs, ne s'engage pas fermement. Aussi Sartène doit subir par trois fois le siège des troupes du mouvement national ( 1731 à 1736 ).
En 1736, Théodore de Neuhof, aventurier allemand et éphémère roi de Corse, fixe sa résidence à Sartène , et en 1763 se tient au couvent de Sartène la "Cunsulta" des délégués de toute la Corse qui consacre le triomphe de Pascal Paoli.
Un enfant de Manighedda, Ange CHIAPPE, sera l'un des représentants de la Corse à la convention. Sous d'autres cieux, le 15 août 1769, Laetizia, fille d'Angela Maria, une Sartenaise née dans Borgu et du lieutenant Ramolino, de la garnison de Sartène , avait mis au monde un enfant prénommé Napoléon.
Dés le début du XIXe siècle, Sartène connaîtra des rivalités politiques entre familles influentes et l'on retiendra surtout les sanglants événements de 1830 qui déchirèrent durablement cette petite société urbaine. Ils inspirèrent à Prosper Mérimée, en visite dans l'île en 1839, des passages célèbres de Colomba.
Et c'est après cette période sanglante et troublée du premier tiers du XIXe siècle que cette ville connaîtra une série de transformations décisives fondées sur un premier désenclavement routier et maritime. Elle devient une des principales cités de l'île et connaît une véritable apogée à la fin du XIXe, dans le cadre d'une économie rurale. Le petit bourg fortifié est devenu le chef lieu d'un vaste arrondissement couvrant tout le sud de l'île. Il garde, jusqu'en début du XXe siècle, une forte spécificité historique et demeure une citadelle des traditions aristocratiques. Cependant l'installation dans la ville de nombreuses familles d'origine rurale ainsi que le développement de l'effort de scolarisation vont progressivement modifier et lentement démocratiser cette société citadine.
Au cœur de la ville, la place Porta , agrandie, devient avec ses premiers cafés, le véritable forum de la cité et le lieu privilégié de la sociabilité urbaine.
Après le premier conflit mondial qui coûta la vie à près de 300 jeunes hommes du canton, la ville paraît se figer dans ses traditions sociales et économiques. Mais des évolutions décisives vont progressivement remettre en cause l'ordre ancien et l'on assiste, dans l'entre deux guerres, à un rapide renouvellement de la population. L'ouverture plus grande de la cité sur le monde extérieur va entraîner des évolutions politiques décisives pour l'avenir et aux vieilles allégeances clanistes se superposerons désormais des engagements idéologiques nettement affirmés.
Le souvenir des menaces successives pesant sur la ville, venues de la mer au XVIe siècle, puis des montagnes au XVIIIe, a sans doute favorisé une sorte de particularisme sartenais fait de méfiance, de repli sur soi et de "splendide isolement" face à un environnement considéré comme hostile.
Les habitants ont aussi montré leur attachement, malgré bien des vicissitudes, aux prérogatives administratives de leur cité, qui était devenu, après la révolution française, le chef lieu d'un des cinq arrondissements de l'île.
- Visiter la ville
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SARTENE ( SARTE en langue Corse ) c'est d'abord la citadelle du Pitraghiu, sur son rocher dominant la vallée du Rizzanese et le golfe du Valincu, qui depuis le haut moyen Age, servait de halte sur le chemin des différentes seigneuries de la contrée.
C'est ensuite son quartier de Manighedda, aux ruelles étroites et pavées de larges dalles de granit, parfois tracées à même la roche.
Au début du XVIe siècle, l'ensemble Pitraghjiu, Manighedda fut entouré de remparts dont il subsiste l'échauguette ( "a vardiola" ) qui contrôlait les abords les plus accessibles de la forteresse.
L'entrée avec pont - levis, se faisait par la voûte ( "a loghja" ) située à la base de l'ancien palais des gouverneurs Génois ( hôtel de ville actuel ) bâti en fortin et dont on voit encore les machicoulis. SARTENE, c'est aussi les quartiers :
De Borgu et Monticuccu ( où le promeneur se perd dans un dédale d'escaliers et de rues étroites, dallées, aux nombreuses voûtes ).
De Sant' Anna et Paccialedda qui s'articulent autour de la place Porta ( "Piazza Porta" ) authentique forum et cœur de la cité.
Actuellement l'agglomération poursuit son extension sur les pentes de "Monti Rossu" en s'étirant de la "Castagna" au couvent de Saint Damien et en s'étageant des "trois chapelles" à "Santa Barbara". Tout près de l'hôtel de ville, en descendant les escaliers de la poste, à droite, on peut admirer une tour d'angle ( échauguette ) du XVIe siècle, rare vestige des murailles, qui jadis enserraient la ville.
Le petit passage de Bradi débouche sur la place du Maghju .
Avec ses ruelles, ses passages étroits et ses escalier, la vielle ville cache ses mille et un secrets.
Les amateurs de pittoresque seront séduits.
PLACE PORTA. Hôtel de ville, église Sainte Marie.
À voir
Eglise Sainte Marie
La croix et les chaînes du "Catenacciu" près de l'entrée principale.
Deux toiles du XVIIe siècle : L'annonciation et le martyre d'un saint.
La vierge et l'enfant, statuette en marbre du XVIe siècle.
Une statue de l'assomption, sculptée d'un seul bloc dans un tronc d'olivier ( derrière l'autel ).
Un maître Autel en marbre polychrome ( 1781 ).
Hôtel de ville
De magnifiques toiles de maître :
Sept du XVIIe siècle et deux du XVIIIe.
- Le Quartier de Santa Anna
- L'Echauguette
- L' échauguette de Sartène est le symbole de cette ville très pittoresque, parcourue par plusieurs ruelles.
- « Le vieux quartier du « Petraghju » semble glisser vers la vallée ... Les maisons se bousculent, liées entre elles par des arcades. Séparées par d'étroites ruelles, elles montent vers la lumière, se transformant au fur et à mesure des étages ... et des siècles : ici, la pierre est différente entre le premier et le second niveau. Là, cette tourelle est postérieure à son support. Parfois, on tombe sur les ruines de l' ancien rempart . »
- Au centre de la cité se trouve la Place de la Libération , anciennement Place Porta (lieu très convivial où les habitants se retrouvent pour discuter, de politique principalement). « Là se dressait la guillotine. Là discutaient les hommes de "bonne naissance", les « sgio ». Au pied de l'église, dès l'aube, les ouvriers agricoles attendaient les offres de travail. »
- Le Monument aux Morts se dresse sur cette place ombragée, fort animée (avec son marché, ses cafés) et dominée par la Mairie , ancien palais du gouverneur sous l' occupation génoise, et Ste-Marie , église caractéristique de la Corse (avec son clocher à trois niveaux munis de baies et surmonté d'un dôme).
- la Place de la Libération
- Activités Culturelles
- Fête patronale saints Côme-et-Damien : 26 sept.
- Le Musée de la Préhistoire
LE MUSEE DE LA PREHISTOIRE.
L'ancienne prison du XIXe siècle, entièrement restaurée, est devenue un haut lieu de la culture. On ne pouvait imaginer reconversion plus originale, ni plus exemplaire.
Ce musée départemental contrôlé présente au public les pièces les plus caractéristiques de la préhistoire insulaire. S'y trouvent notamment exposés, outils, armes et parures en pierre, en os ou en métal, poteries de toutes formes, statues menhirs sculptées, restes humains et fossiles animaux. De nombreux panneaux explicatifs et chronologiques permettent de reconstituer la vie des premiers insulaires depuis le VIIe millénaire avant J.C jusqu'en début de l'ère chrétienne.
(d'après G. GIOVANNANGELI "Sartene et le Valincu" publié par le CRDP de Corse 1999 et P.NEBBIA)
Musée de la Préhistoire
Rue Croce - 20100 SARTENE
Tél. : 0495770109 - Fax : 0495770109
- Le Catenacciu
- L'Hôtel de Ville
- L'Eglise Santa Maria
La chorale
Le carnaval de Sartene
- Les Excursions autour de Sartène
- Les Rochers et la Tour Génoise de Roccapina
- Le Couvent Saint Damien
- Un littoral de 33 km de long
- Le Dolmen de Fontanaccia
Au voyageur intéressé par le lointain passé de l'homme, la région de Sartène présente, dans des paysages souvent exceptionnels, les témoignages spectaculaires de l'évolution si particulière de sa propre préhistoire.
Véritable "mine archéologique", le sartenais est le pays des menhirs, des dolmens, des tours et des abris sous roche.
Un circuit s'impose : en tout premier lieu, celui des prestigieux sites mégalithiques de Cauria et de Paddaghju .
- Nombreux vestiges d'occupation paléolithique (industrie lithique) aux environs de Sartène, à Bilzese, Torracone, Roccapina, Tipolo, Vulpaggio, Erbajolo.
- Ensemble de sites mégalithiques** le plus important de toute la Méditerranée : dolmen de Fontanaccia (MH) à la Punta Cauria, le plus beau de Corse ; alignement de 45 menhirs de Rinaiu et de 25 autres menhirs (dont 8 statues-menhirs) de Stantari (MH) , alignement de menhirs de Palaggio (MH) , 258 monolithes ; les 2 menhirs du Rizzanèse, "u Frate et a Sora" (MH) .
- Le Pont Spin'A Cavallu
PONT DE SPIN'A CAVADDU, XVIe siècle se situe à 7 Km de SARTENE (par la D 69 ).
L'arche unique à dos d'âne ( spin'a cavaddu , signifie dos de cheval ) qui se déploie d'une rive à l'autre du Rizzanese , est d'une légèreté étonnante qu'accentue la minceur du tablier.
Les remblais d'accès et le tablier sont pavés de larges dalles de granit à la manière des anciennes chaussées romaines.
Trait d'union entre les "pièves" de la Rocca et de Sartène , cet ouvrage est le type même d'une architecture publique qui se développa à l'époque de la présence pisane et continua avec la domination génoise.
- Roccapina
ROCCAPINA se situe à 20 Km de SARTENE (par la RN 196.).
Du belvédère aménagé devant la "maison cantonnière", vous pouvez admirer cette merveille de la nature posée dans un cadre enchanteur et sauvage : Le lion de Roccapina .
Le fameux lion (un rocher évoquant un fauve couché dont une forteresse médiévale sert de crinière) se détache sur le ciel, au sommet d'une crête de granulite taillée à vif, portant une tour génoise.
Un chemin plonge vers une superbe anse bordée de sable blanc.
- Tizzano
TIZZANO, TIZZA se situe à 15 Km de SARTENE (par la D 48).
"Ce sont des rochers plats entre lesquels la mer s'insinue comme dans un goulet.
Son site magnifique, son port naturel protégé par un ancien fort, ses plages de sable fin en font un des lieux les plus recherchés par le charme et le calme qui s'en dégagent".
- Sports
- Les Randonnées autour de Sartène
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